Du putsch à la présidence : le parcours d'Oligui
Le 30 août 2023, un coup d'État militaire renversait Ali Bongo Ondimba, mettant fin à 55 ans de règne de la famille Bongo au Gabon — commencée par son père Omar Bongo en 1967. À la tête de ce putsch : le général Brice Oligui Nguema, alors chef de la garde républicaine.
Moins de deux ans après, Oligui Nguema a organisé des élections présidentielles et les a remportées avec plus de 90% des suffrages exprimés, légitimant ainsi son pouvoir par les urnes et inaugurant selon lui « une nouvelle page de l'histoire gabonaise ».
« Le Gabon inaugure ainsi une nouvelle étape. Ce serait un des derniers points d'appui de la France en Afrique, avec Djibouti. »
— Axelle Degans, Dr en Géopolitique, synthèse d'avril 2025La chute de la dynastie Bongo
L'enjeu géostratégique pour la France
Le Gabon représentait l'un des derniers bastions de l'influence française en Afrique — avec Djibouti. Le pétrole gabonais, les entreprises françaises implantées (Total, Bolloré) et la base militaire de Libreville faisaient du pays un partenaire stratégique clé pour Paris.
La transition vers Oligui Nguema, dont les orientations géopolitiques restent à clarifier, pose des questions fondamentales sur l'avenir de cette relation. Contrairement au Mali, Burkina Faso et Niger — qui ont clairement basculé vers la Russie et expulsé les Français — le Gabon maintient pour l'instant une ligne plus ambiguë.
- Élection présidentielle : Oligui Nguema élu avec +90% des votes
- Ali Bongo et sa famille : poursuites judiciaires pour corruption et détournements
- Foot-ball : CAN 2025 — débâcle en phase de groupes, conseil des ministres extraordinaire
- Pétrole : production maintenue, partenariats en cours de renégociation
- Relations France : ambiguës — ni rupture franche ni alignement total
- Population : 2,3 millions d'habitants, PIB/habitant parmi les plus élevés d'Afrique subsaharienne
Le football, baromètre politique
Symptôme révélateur de la nouvelle gouvernance : après l'élimination précoce du Gabon à la CAN 2025, Oligui Nguema a convoqué un Conseil des ministres extraordinaire dédié au football — une décision sans précédent en Afrique. Le président a annoncé « des décisions fortes » pour reconstruire le football national, avec une révision complète du statut des joueurs et une augmentation des budgets sportifs.
Cet épisode illustre parfaitement l'importance politique du football en Afrique — un instrument de légitimité, de cohésion nationale et de soft power que les dirigeants africains ne peuvent plus se permettre d'ignorer.
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